Quand les panneaux produisent fort en milieu de journĂ©e, la maison nâa pas toujours faim dâĂ©lectricitĂ©. Un routeur solaire pour chauffe-eau donne alors une destination utile Ă ce surplus : il chauffe lâeau du ballon plutĂŽt que de laisser partir une partie de lâĂ©nergie vers le rĂ©seau.
Le principe est aussi simple quâun bon geste en cuisine : utiliser ce qui est dĂ©jĂ disponible au bon moment, sans gaspillage. Bien choisi, bien cĂąblĂ© et correctement rĂ©glĂ©, ce petit Ă©quipement peut amĂ©liorer lâautoconsommation sans transformer le logement en usine Ă gaz. đżâïž
| Peu de temps ? VoilĂ ce quâil faut retenir : | Ce que cela change concrĂštement |
|---|---|
| âïž Le surplus solaire est rĂ©cupĂ©rĂ© | Le routeur dĂ©tecte lâĂ©lectricitĂ© produite en trop et lâenvoie vers la rĂ©sistance du chauffe-eau. |
| đ¶ Le gain dĂ©pend des habitudes | Une rĂ©duction de 25 Ă 35 % de la dĂ©pense dâeau chaude est envisageable dans un foyer bien Ă©quipĂ© et bien exposĂ©. |
| đ§ La compatibilitĂ© est indispensable | Le type de ballon, son thermostat, le tableau Ă©lectrique et la configuration photovoltaĂŻque doivent ĂȘtre contrĂŽlĂ©s avant lâachat. |
| â ïž Le solaire ne remplace pas le confort | La marche forcĂ©e ou les heures creuses restent utiles pendant les pĂ©riodes peu ensoleillĂ©es. |
Routeur solaire pour chauffe-eau : transformer le surplus photovoltaĂŻque en eau chaude
Un routeur solaire est un appareil de pilotage : il ne produit pas un seul watt et ne rend pas les panneaux plus puissants. Sa vraie force consiste Ă observer ce qui se passe entre la production photovoltaĂŻque, la consommation de la maison et le rĂ©seau, puis Ă orienter lâexcĂ©dent disponible vers un usage utile.
Dans la plupart des foyers, le chauffe-eau Ă©lectrique est un excellent candidat. Il fonctionne avec une rĂ©sistance, il consomme une Ă©nergie prĂ©visible et, surtout, son ballon garde la chaleur pendant plusieurs heures. LâĂ©lectricitĂ© solaire devient donc de lâeau chaude pour la douche, la vaisselle ou le lendemain matin. đż
Sans routeur, les panneaux alimentent en prioritĂ© les appareils qui tournent au mĂȘme instant : rĂ©frigĂ©rateur, box internet, ventilation, ordinateur, cuisson Ă©ventuelle ou machine programmĂ©e. Entre 11 heures et 16 heures, la production grimpe souvent tandis que les occupants sont absents, ce qui crĂ©e un Ă©cart entre lâĂ©nergie disponible et les besoins rĂ©els du logement.
Le surplus est alors injectĂ© sur le rĂ©seau. Cette injection peut ĂȘtre valorisĂ©e dans certains contrats, mais le kilowattheure cĂ©dĂ© rapporte gĂ©nĂ©ralement moins que le kilowattheure achetĂ© et Ă©vitĂ©. Consommer localement une Ă©nergie dĂ©jĂ produite est donc souvent plus intĂ©ressant que la revendre.
Le ballon dâeau chaude devient un stockage thermique discret
On parle parfois de « batterie thermique ». Lâexpression mĂ©rite dâĂȘtre bien comprise : le ballon ne stocke pas des Ă©lectrons, mais des calories. Pourtant, dans la pratique, le rĂ©sultat est trĂšs concret : si 2 kWh solaires chauffent lâeau Ă midi, ces 2 kWh ne seront pas achetĂ©s au rĂ©seau le soir ou au petit matin.
Le cas de LĂ©a et Mathieu illustre bien cette mĂ©canique. Leur maison de 110 mÂČ possĂšde une centrale de 3 kWc et un ballon de 200 litres ; tous deux travaillent hors de chez eux jusquâen fin dâaprĂšs-midi. Avant le routeur, une part notable de leur production repartait vers le rĂ©seau alors que leur eau chaude Ă©tait chauffĂ©e plus tard avec lâĂ©lectricitĂ© achetĂ©e.
AprĂšs installation, leur ballon absorbe dâabord le surplus solaire. Ils nâont pas changĂ© leurs horaires de douche ni commencĂ© Ă surveiller une application toutes les dix minutes : le systĂšme travaille en arriĂšre-plan et lâeau est dĂ©jĂ chaude lorsquâils rentrent. Câest ce genre de rĂ©glage discret qui rend lâautoconsommation agrĂ©able au quotidien.
- âïž Les panneaux couvrent dâabord les besoins immĂ©diats de la maison.
- ⥠Une mesure détecte le courant qui risquerait de partir vers le réseau.
- đż Le routeur envoie ce surplus vers la rĂ©sistance du ballon.
- đĄïž Lâeau conserve la chaleur et constitue une rĂ©serve utile.
- đ Le rĂ©seau complĂšte uniquement si le soleil nâa pas suffi.
Cette logique fonctionne dâautant mieux que la centrale photovoltaĂŻque est bien implantĂ©e. Avant dâinvestir dans un boĂźtier de pilotage, il est pertinent de regarder lâorientation des panneaux solaires, les ombres portĂ©es et les heures oĂč la production atteint rĂ©ellement son maximum.
Dans le sud, notamment sur une toiture dĂ©gagĂ©e, les surplus estivaux peuvent ĂȘtre gĂ©nĂ©reux. Mais une façade mal orientĂ©e, une toiture masquĂ©e par des arbres ou un petit champ photovoltaĂŻque trĂšs sollicitĂ© par les usages de journĂ©e rĂ©duisent naturellement le potentiel. Le routeur valorise un excĂ©dent existant ; il ne le crĂ©e pas.
Le ballon devient ainsi un alliĂ© humble mais redoutablement pratique. Il ne demande ni batterie coĂ»teuse, ni cycles Ă©lectrochimiques, ni nouvelle piĂšce technique Ă entretenir : il utilise simplement une rĂ©serve dâeau chaude dĂ©jĂ prĂ©sente dans de nombreuses maisons.

Fonctionnement dâun routeur solaire chauffe-eau : mesurer, moduler et protĂ©ger
Le fonctionnement dâun routeur solaire repose sur une observation permanente des flux Ă©lectriques. Une pince ampĂšremĂ©trique, placĂ©e autour dâun conducteur au tableau, lit le sens et lâintensitĂ© du courant. Elle indique au boĂźtier si la maison prĂ©lĂšve de lâĂ©lectricitĂ© au rĂ©seau ou si elle commence Ă en injecter.
Lorsque les panneaux produisent davantage que ce que le logement utilise, le routeur repĂšre lâexcĂ©dent presque instantanĂ©ment. Il transmet alors une puissance adaptĂ©e Ă la rĂ©sistance du chauffe-eau. Sur les appareils sĂ©rieux, une prĂ©cision proche de ±1 % sur la puissance active permet de limiter les injections inutiles et les appels au rĂ©seau.
Cette finesse prend tout son intĂ©rĂȘt quand les nuages passent rapidement. Une production qui tombe de 1 800 W Ă 500 W ne doit pas faire basculer brutalement lâinstallation. Le routeur suit les variations, ajuste la commande et Ă©vite que le ballon rĂ©clame sans raison lâĂ©lectricitĂ© manquante.
Relais ou modulation proportionnelle : deux approches trÚs différentes
Les modĂšles les plus simples fonctionnent avec un relais. Ils dĂ©clenchent le chauffe-eau dĂšs quâun seuil de surplus est atteint, par exemple 1 500 W. Câest une solution lisible, mais elle ne tire pas toujours le meilleur parti dâune production solaire irrĂ©guliĂšre.
Les modÚles à triac ou à modulation proportionnelle sont plus souples. Imaginons une résistance de 2 000 W et un surplus de 650 W : le routeur peut fournir ces 650 W à la résistance sans demander les 1 350 W manquants au réseau. Si le surplus retombe à 300 W, la puissance envoyée suit le mouvement.
Le chauffe-eau sây prĂȘte particuliĂšrement bien car sa rĂ©sistance accepte une alimentation progressive. Cette souplesse est moins Ă©vidente avec des appareils Ă©lectroniques complexes, qui prĂ©fĂšrent souvent des alimentations franches et stables. Pour valoriser les petits surplus comme les gros pics, la modulation est gĂ©nĂ©ralement la solution la plus efficace.
Le seuil de démarrage se rÚgle fréquemment entre 200 et 500 W. Un seuil trop élevé laisse partir des kilowattheures pourtant récupérables ; un seuil trop bas peut créer des ajustements inutiles lors des journées instables. Pour une installation de 3 kWc, commencer autour de 200 W puis observer les courbes pendant deux semaines donne souvent un repÚre sérieux.
Le choix du ballon compte autant que celui du routeur. Les chauffe-eaux avec thermostat mĂ©canique sont souvent les plus simples Ă associer Ă un pilotage modulĂ©. Les modĂšles dotĂ©s dâune carte Ă©lectronique, dâune protection anticorrosion ACI ou dâune rĂ©gulation sophistiquĂ©e nĂ©cessitent une vĂ©rification technique avant tout raccordement.
Dans certains cas, un relais de puissance, un contacteur dĂ©diĂ© ou une commande diffĂ©rente sera nĂ©cessaire. Ce nâest pas un dĂ©tail : envoyer une puissance modulĂ©e Ă un appareil qui ne la supporte pas peut provoquer des dĂ©fauts, des alarmes ou une usure prĂ©maturĂ©e. Le manuel du fabricant et lâavis dâun Ă©lectricien qualifiĂ© restent les meilleurs garde-fous.
La sĂ©curitĂ© Ă©lectrique nâadmet pas lâimprovisation. Le routeur travaille au tableau, sur des circuits sous tension, avec des protections qui doivent respecter la norme NF C 15-100. Circuit dĂ©diĂ©, disjoncteur calibrĂ©, diffĂ©rentiel appropriĂ©, section de cĂąble cohĂ©rente et repĂ©rage propre : tout cela fait partie du rĂ©sultat, pas seulement du dĂ©cor.
Une installation fiable ne se juge pas uniquement Ă lâĂ©cran de lâapplication. Elle se reconnaĂźt Ă son comportement calme, Ă ses protections bien choisies et Ă sa capacitĂ© Ă chauffer lâeau sans perturber le reste de la maison.
Installer un routeur solaire sur un chauffe-eau sans fragiliser lâinstallation Ă©lectrique
Avant de poser un routeur, il faut faire un Ă©tat des lieux concret. La puissance des panneaux, le type dâonduleur, la prĂ©sence dâun compteur Linky, le calibre de la rĂ©sistance, la place dans le tableau et lâĂ©tat des protections donnent une vision rĂ©aliste du projet.
Un boĂźtier intelligent ne corrige pas un tableau vieillissant. Si des fils sont fragilisĂ©s, si les disjoncteurs ne sont pas adaptĂ©s ou si le coffret est dĂ©jĂ saturĂ©, une remise Ă niveau doit passer avant le pilotage solaire. Câest moins spectaculaire quâun nouvel Ă©quipement connectĂ©, mais câest le bon ordre des choses.
Les contrĂŽles indispensables avant le raccordement
Le routeur est gĂ©nĂ©ralement installĂ© prĂšs du tableau Ă©lectrique, dans un espace ventilĂ©, accessible et Ă lâabri de lâhumiditĂ©. La proximitĂ© avec le ballon peut simplifier le cĂąblage, mais elle ne doit jamais prendre le pas sur la sĂ©curitĂ© ou sur la lisibilitĂ© des circuits.
Les capteurs de mesure peuvent parfois ĂȘtre Ă©loignĂ©s du module sur plusieurs dizaines de mĂštres, selon les fabricants. Il faut toutefois respecter les longueurs recommandĂ©es, Ă©viter les passages dĂ©sordonnĂ©s et protĂ©ger les cĂąbles des sources de perturbation. Un montage propre facilite aussi les futurs contrĂŽles.
- đ Couper lâalimentation et vĂ©rifier lâabsence de tension.
- đ Identifier les conducteurs, puis placer la pince de mesure dans le bon sens.
- đĄïž ContrĂŽler le circuit dĂ©diĂ© du chauffe-eau, le disjoncteur et le diffĂ©rentiel.
- âïž Fixer le routeur dans le coffret ou sur un rail DIN adaptĂ©.
- đ§ Raccorder la sortie de commande selon le schĂ©ma du fabricant.
- đ± RĂ©gler les seuils de surplus, la prioritĂ© du ballon et la marche forcĂ©e.
- â Tester le comportement du systĂšme lorsque la production augmente ou diminue.
Une pose standard peut demander deux Ă trois heures quand le tableau est rĂ©cent et le ballon compatible. Le temps augmente dans une maison ancienne, pour une installation en triphasĂ© ou lorsque le circuit dâeau chaude doit ĂȘtre repris. Une intervention professionnelle Ă©vite surtout de transformer une bonne idĂ©e en panne difficile Ă diagnostiquer.
En triphasĂ©, le sujet demande une vigilance renforcĂ©e. Le routeur doit analyser les Ă©changes sur chaque phase afin dâĂ©viter quâune phase injecte pendant quâune autre soutire fortement. Plusieurs pinces de mesure peuvent ĂȘtre nĂ©cessaires, et le paramĂ©trage doit reflĂ©ter la rĂ©alitĂ© de lâinstallation.
| Volume du ballon | Usage habituel | Puissance fréquente | RepÚre solaire |
|---|---|---|---|
| đ 150 L | 1 Ă 2 personnes | 2 Ă 2,5 kW | Convient Ă un surplus quotidien modĂ©rĂ©. |
| đż 200 L | 3 Ă 4 personnes | 2 Ă 3 kW | Format polyvalent avec une centrale de 3 Ă 6 kWc. |
| đĄ 300 L | Famille nombreuse | 3 Ă 4 kW | IntĂ©ressant lorsque les excĂ©dents estivaux sont importants. |
La marche forcĂ©e conserve sa place dans le dispositif. En hiver, aprĂšs plusieurs jours gris, le solaire peut ne pas suffire Ă porter toute lâeau Ă la tempĂ©rature voulue. Une commande manuelle ou une programmation en heures creuses assure alors le confort sans remettre en cause lâintĂ©rĂȘt du routeur.
Le volume du ballon doit correspondre au foyer. Quatre personnes utilisent souvent entre 150 et 200 litres dâeau chaude par jour ; un ballon de 200 litres offre donc un Ă©quilibre frĂ©quent entre rĂ©serve utile et capacitĂ© Ă absorber le surplus. Un modĂšle de 300 litres nâest pertinent que si les besoins, lâespace et la production le justifient.
Pour un projet photovoltaĂŻque complet, prendre le temps de comprendre les Ă©tapes pour installer des panneaux solaires aide Ă relier le choix de la centrale, lâĂ©tat de la toiture et les usages de la maison. Un routeur bien posĂ© commence toujours par un diagnostic honnĂȘte de lâexistant.
RentabilitĂ© dâun routeur solaire pour chauffe-eau : calculer les Ă©conomies avec bon sens
La rentabilitĂ© dâun routeur solaire ne se rĂ©sume pas au prix affichĂ© sur un site marchand. Elle dĂ©pend du surplus rĂ©ellement disponible, de la quantitĂ© dâeau chaude consommĂ©e, du tarif de lâĂ©lectricitĂ© Ă©vitĂ©, des conditions de revente Ă©ventuelle et du coĂ»t de la pose.
En 2026, le matĂ©riel se situe couramment entre 300 et 800 euros, sans compter les adaptations du tableau ou les accessoires nĂ©cessaires. Une pose professionnelle fait monter lâenveloppe, surtout dans les logements oĂč les protections doivent ĂȘtre modernisĂ©es. Cette dĂ©pense doit ĂȘtre regardĂ©e comme un investissement de pilotage, non comme une promesse dâĂ©conomie automatique.
Le calcul utile : comparer lâĂ©lectricitĂ© Ă©vitĂ©e et lâĂ©lectricitĂ© injectĂ©e
Chaque kilowattheure solaire envoyĂ© vers le ballon Ă©vite lâachat dâun kilowattheure au tarif du rĂ©seau. Mais ce mĂȘme kilowattheure aurait pu ĂȘtre injectĂ© et rĂ©munĂ©rĂ© : le gain rĂ©el correspond donc Ă la diffĂ©rence entre le prix dâachat Ă©vitĂ© et la valeur de lâinjection.
Le calcul reste simple. Si le foyer Ă©vite un achat Ă 0,22 euro par kWh et renonce Ă une injection valorisĂ©e autour de 0,10 euro par kWh, chaque kWh redirigĂ© vers lâeau chaude apporte environ 0,12 euro de gain diffĂ©rentiel. Les contrats et tarifs variant selon les situations, il faut toujours partir de ses propres donnĂ©es.
Reprenons LĂ©a et Mathieu. Leur ballon consomme environ 1 800 kWh par an ; grĂące Ă la centrale et au routeur, 1 100 kWh de ce besoin sont couverts par des surplus photovoltaĂŻques. Avec un gain diffĂ©rentiel de 0,12 euro par kWh, lâĂ©conomie annuelle approche 132 euros.
Ce montant nâa rien de magique, mais il est concret. Avec un Ă©quipement posĂ© pour 500 euros dans une configuration simple, le retour sur investissement peut se rapprocher de quatre ans. Avec davantage de surplus, une consommation dâeau chaude plus Ă©levĂ©e et un coĂ»t de pose maĂźtrisĂ©, la durĂ©e peut descendre vers deux ans.
Ă lâinverse, une petite centrale qui ne produit presque jamais dâexcĂ©dent donnera un rĂ©sultat plus lent. Il en va de mĂȘme dans une rĂ©sidence peu occupĂ©e ou dans un logement dont les appareils consomment dĂ©jĂ tout le solaire disponible en journĂ©e. La meilleure rentabilitĂ© repose sur des relevĂ©s, pas sur une moyenne publicitaire.
Une baisse de 25 Ă 35 % de la dĂ©pense associĂ©e Ă lâeau chaude peut ĂȘtre rĂ©aliste lorsque le foyer possĂšde un ballon Ă©lectrique, une bonne exposition et un surplus rĂ©gulier. En revanche, annoncer une rĂ©duction massive sur toute la facture dâĂ©lectricitĂ© serait trompeur : chauffage, cuisson, Ă©lectromĂ©nager et usages nocturnes suivent leurs propres logiques.
Le routeur mĂ©rite aussi dâĂȘtre comparĂ© Ă une batterie domestique. La batterie Ă©lectrique peut alimenter divers Ă©quipements le soir, mais elle coĂ»te plus cher et sa durĂ©e de vie dĂ©pend du nombre de cycles. Le ballon, lui, est souvent dĂ©jĂ installĂ© : le routeur ajoute une couche dâintelligence Ă un Ă©quipement existant.
La qualitĂ© de lâimplantation solaire reste dĂ©cisive. Une vĂ©rification de lâinclinaison des panneaux solaires permet de comprendre le profil de production selon les saisons et dâestimer Ă quels moments le ballon pourra rĂ©ellement absorber de lâĂ©nergie.
Un foyer situĂ© dans une zone trĂšs ensoleillĂ©e, avec 6 kWc, un ballon de 200 ou 300 litres et une prĂ©sence faible en journĂ©e, trouvera souvent un intĂ©rĂȘt marquĂ© Ă ce dispositif. Dans une maison Ă©quipĂ©e de seulement 1 kWc et occupĂ©e toute la journĂ©e, lâachat peut ĂȘtre moins prioritaire que des gestes simples de sobriĂ©tĂ©.
Le bon calcul tient donc sur une feuille claire : production annuelle, part injectĂ©e, besoin dâeau chaude, prix du matĂ©riel et coĂ»t de pose. Câest moins sĂ©duisant quâune promesse express, mais câest la mĂ©thode qui Ă©vite les dĂ©ceptions.
Optimiser lâautoconsommation solaire avec les rĂ©glages et usages les plus utiles
Le chauffe-eau est gĂ©nĂ©ralement le premier usage Ă piloter, car il stocke la chaleur et rĂ©pond Ă un besoin quotidien. Mais un routeur peut parfois participer Ă une gestion plus large : pompe de piscine, sĂšche-serviettes, climatisation rĂ©versible, borne de recharge ou chauffage dâappoint selon les Ă©quipements compatibles.
Le piĂšge consiste Ă vouloir tout automatiser dâun coup. Une maison efficace nâest pas celle qui affiche le plus de scĂ©narios dans une application, mais celle dont les usages restent comprĂ©hensibles et faciles Ă dĂ©panner. Lâeau chaude doit conserver sa prioritĂ©, puis les appareils secondaires peuvent absorber ce qui reste.
Régler le routeur selon le rythme réel de la maison
La plage situĂ©e entre 10 heures et 16 heures concentre souvent lâessentiel de la production photovoltaĂŻque. Câest naturellement le bon moment pour laisser le ballon se charger. En Ă©tĂ©, lâeau peut atteindre sa tempĂ©rature de consigne tĂŽt dans lâaprĂšs-midi ; en hiver, un complĂ©ment programmĂ© peut ĂȘtre indispensable.
Les donnĂ©es de suivi donnent des indications prĂ©cieuses aprĂšs quelques semaines. Une courbe rĂ©vĂšle vite si le ballon reçoit rĂ©ellement les surplus, si le seuil est trop haut ou si les appareils de la maison absorbent dĂ©jĂ presque toute la production. Il devient alors possible dâajuster sans deviner.
- đ Observer la production et lâinjection pendant au moins quinze jours avant de changer les rĂ©glages.
- đ Programmer lave-linge ou lave-vaisselle vers midi lorsque cela reste pratique.
- đĄïž Respecter la tempĂ©rature recommandĂ©e par le fabricant pour prĂ©server lâhygiĂšne et le matĂ©riel.
- đ ContrĂŽler une fois par an le coffret, les connexions et lâĂ©tat des protections.
- â ïž Ne pas modifier seul le cĂąblage dâun ballon Ă©lectronique sans validation technique.
Le seuil de dĂ©marrage mĂ©rite un rĂ©glage progressif. Sâil est trop faible, le routeur peut rĂ©agir sans cesse Ă de petits Ă©carts sous un ciel changeant ; sâil est trop haut, il laisse filer une part du potentiel solaire. Un rĂ©glage raisonnable doit suivre le profil de production, pas une rĂšgle copiĂ©e chez le voisin.
Le confort sanitaire reste prioritaire. Une eau insuffisamment chauffĂ©e nâest pas une bonne Ă©conomie. La marche forcĂ©e doit pouvoir reprendre la main lorsque le soleil a manquĂ©, notamment lâhiver, lors dâabsences prolongĂ©es ou avant lâarrivĂ©e de plusieurs invitĂ©s Ă la maison.
Un autre bon réflexe consiste à revoir la température de consigne si elle est excessivement élevée. Une réserve trop chaude augmente les pertes thermiques, surtout si le ballon est installé dans un garage froid ou un cellier peu isolé. Il faut rester dans les recommandations du fabricant et ne jamais confondre sobriété avec baisse de sécurité.
Pour les mĂ©nages qui prĂ©parent une nouvelle installation, la puissance doit ĂȘtre reliĂ©e aux usages. Comprendre ce quâun systĂšme solaire de 3 000 W peut alimenter aide Ă anticiper la part qui restera disponible pour lâeau chaude, plutĂŽt que de surestimer le surplus futur.
Le routeur trouve enfin sa place dans une maison qui consomme mieux dans son ensemble : appareils entretenus, ballon correctement isolĂ©, programmation raisonnable et habitudes adaptĂ©es. LâĂ©nergie solaire est prĂ©cieuse ; la valoriser ne demande pas de vivre les yeux rivĂ©s sur un compteur.
Le rĂ©glage le plus rentable est celui qui suit la vie du foyer, chauffe lâeau quand le soleil est lĂ et laisse le quotidien tranquille.
Un routeur solaire fonctionne-t-il avec tous les chauffe-eaux ?
Non. Les ballons avec thermostat mĂ©canique sont gĂ©nĂ©ralement les plus simples Ă piloter. Les chauffe-eaux Ă©quipĂ©s dâune carte Ă©lectronique, dâun systĂšme ACI ou dâune rĂ©gulation spĂ©cifique demandent une vĂ©rification de compatibilitĂ© par un professionnel.
Quelle puissance photovoltaĂŻque faut-il pour un routeur chauffe-eau ?
Il nâexiste pas de seuil universel. Une installation de 3 kWc peut dĂ©jĂ gĂ©nĂ©rer un surplus intĂ©ressant si le logement est peu occupĂ© pendant les heures de production. Le dĂ©calage entre production solaire et consommation instantanĂ©e compte davantage que la puissance seule.
Le routeur solaire remplace-t-il une batterie domestique ?
Non. Le routeur transforme le surplus en chaleur dans le ballon dâeau chaude, tandis quâune batterie stocke de lâĂ©lectricitĂ© pour diffĂ©rents appareils. Le stockage thermique est souvent bien moins coĂ»teux lorsque le foyer possĂšde dĂ©jĂ un chauffe-eau Ă©lectrique.
Faut-il conserver les heures creuses avec un routeur solaire ?
Oui, elles restent utiles comme solution de secours. Une programmation en heures creuses peut complĂ©ter la chauffe lors des journĂ©es dâhiver peu lumineuses ou aprĂšs plusieurs jours sans production suffisante.

